Valoriser ce petit bout de tissu et en faire un accessoire de tous les jours, voilà le coup de maître qu’Awa Seck a réalisé aujourd’hui avec les moussors de Awa. Jeunes, professionnelles, branchées, fashionistas... toutes veulent cet accessoire et s’en donnent à coeur joie chaque jour.

Comment vous est venu cet intérêt pour le foulard ?


Le foulard et moi (rire), lorsqu’on me posait cette question au début je ne savais pas quoi répondre. Je dirais que le moussor a toujours fait partie de mon habillement. Je ne porte pas de foulard tous les jours mais presque quatre jours sur sept et maintenant plus car il paraît que sans foulard je ne suis plus Awa « la moussoreuse ».
Avoir une pièce qui fait la différence me séduit, et le foulard est LA pièce.

Comment a démarré cette aventure ? 

Plus que vous, cette aventure m’a surprise et me dépasse si je peux dire. Chaque fois que je m’habillais pour aller travailler, je postais une photo de mon moussor, les femmes adoraient, les jeunes filles aussi. C’était chaque fois une demande « je veux apprendre à attacher le foulard, comment faire. » J’ai crée ma marque en Mars 2016 et fais mes premiers tutos. Grâce à ma sœur, Ndèye Khardiata Seck à Paris, qui m’a toujours encouragé, j’ai crée ma page youtube.

Quel message voulez-vous adresser aux femmes ?

Le moussor se porte surtout les vendredis au Sénégal et rend les femmes majestueuses. J’aimerais qu’elle puisse porter le foulard à toutes les occasions et avec tout vêtement. Valorisons notre culture, notre héritage en le portant différemment, et avec Les Moussors de Awa j’espère les y aider.

Aujourd’hui, votre business est en pleine expansion. Vous attendiez-vous à un tel succès ?
Waaaw, non pas du tout ! C’est incroyable, comment ce bout de tissu a pu m’amener jusqu’ici. Je fais vraiment ce que j’aime et je pense que c’est le rêve de chaque personne. Je suis fière et heureuse que les femmes apprécient ce que je fais, que je puisse leur donner d’autres options pour porter le foulard, qu’elles restent chics et classe avec notre Moussor National. D’ailleurs les hommes me demandent « à quand le foulard pour nous ? » j’y réfléchis (rire)

Qu’est ce qui attire les femmes dans votre style d’après vous ?

Comme je l’ai mentionné précédemment, les femmes surtout la femme sénégalaise a toujours porter le moussor : les cérémonies c’est l’incontournable, le vendredi, certaines occasions. Ce qui les attire avec Les Moussors de Awa est la variété, le choix dans les façons de porter le foulard. Du boubou traditionnel à l’ensemble tailleur pantalon, du pantalon jean à la chemise. Le moussor est actuellement un accessoire à part entière qu’elles peuvent porter même pour un entretien d’embauche comme le sont les bijoux.

Aurons-nous le plaisir d’avoir un festival du moussor un jour ?

Pourquoi pas ! Ce serait magnifique. D’ailleurs je tiens à remercier le Photographe MANDIONE LAYE KEBE de MLK Photography qui a fait de magnifiques portraits du moussor. Nous travaillons sur une expo dans pas longtemps. On parle de moussor de l’autre coté de l’atlantique, alors pourquoi le pays du moussor ne rendrait pas hommage à ce bout de tissu de nos mamans, Les Moussors de Awa sera le premier à le faire. Pour le moment j’organise des ateliers pour apprendre aux femmes comment attacher le moussor.

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Avenir, avenir, il ya beaucoup de projets en cours et j’ai hâte qu’ils voient le jour : des défilés, des expos, des ateliers. LE MOUSSOR EN FÊTE avec Les Moussors de Awa. Je suis la manager de Dioribel marque de vêtement faite par Seynabou Seck et avec elle nous allons faire Les Moussors de Awa Vêtement.

Un message pour celles qui ne sont pas encore dans la tendance ?

Je portais Le Moussor, Wrap, Turban, Headwrap comme on l’appelle, avant qu’il ne soit tendance et prisé par les stars comme Solange Knowles, Lupita Nyong’O, Beyoncé. Elles l’ont rendu chic et portable dans le monde. J’aimerais que les filles de mon pays portent ce bout de tissu sans complexe et avec élégance car le moussor nous appartient, appartient à la culture noire. Valorisons notre héritage, mettons le au gout du 21e siècle.

Je fais partie d’une association les Natural Sistas Senegal qui sensibilise les filles noires et métissées sur les dangers de la dépigmentation et du défrisage. A travers cette association nous les encourageons à embrasser et porter leurs beautés naturelles avec fièreté, Guëm lignou done.

Contact : 
facebook : Les Moussors De Awa
Tel : 76 652 22 08